Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 19:17
Travaux de défenestration dans ma maison + journées de plus en plus difficiles sur le moral = un Arkh' tout crevé

Comme je n'oublie pas ce post-it surfant sur l'océan déchaîné des interwebz, voici un article que j'ai écris en cours.

N'étant pas en état de le relire pour le perfectionner ou le caurijé, je le retape comme tel, et y jetterai un coup d'oeil désapprobateur plus tard.




Il y a une sorte d'auto-justification dans l'acte de se plaindre.

Une plainte est souvent, au moins au point de vue du plaintif, le cri de l'innocent qui voit son bon droit bafoué.
On tente ainsi de dénoncer une injustice en exprimant son désarroi à autrui.
Par conséquent, une plainte est initialement un appel à l'aide.

Cela a cependant évolué.

Dans notre monde ou de superficiels bavardages font office de parades sociales, la plainte n'est plus une demande d'aide, mais la tentative de "faire la conversation", en attaquant la manifestion du plus petit des embarras. Et c'est, dans ce domaine, une arme efficace; l'on se plaint d'embarras qu'a souffert et pourrais souffrir son auditoire, l'on en appelle à son sens de l'empathie.

 

C'est avec cette compréhension du concept de plainte que j'ai entamé ma vie.

 

Dernier enfant d'une famille nombreuse et d'une nature timide et peureuse, je ne brillai pas à table - car c'était là le forum familial - de par ma conversation fascinante. Il m'apparait normal que, si j'en crois ma mémoire, je n'ai osé prendre pour la première fois la parole en société que pour me plaindre.

Enoncer quelque chose de socialement inacceptable en tant que ma première participation aurait été un échec retentissant, me dictait déjà mon cerveau primate, et la plainte était un instrument qui m'apparaissait parfait pour éviter un tel désastre. Ma taille et mon âge ne feraient que me renforcer dans mon rôle de petite chose innocente.

 

La réplique qui me fut offerte berce encore ma vie aujourd'hui:

"Ah oui? Et bien fais toi z y, la vie est injuste."

 

Retentissèrent alors les inévitables références à Calimero, mais je ne saurai en dire plus, mon cerveau ayant écrasé mes mémoires d'enfance avec les paroles d'un album d'Andrew W.K.* :

 

"And though I never know you 
I look at your face. 
To tell you that I love you 
Don't know what to say 
You're everything I got, you beautiful girl
The only thing I live for in the whole wide world
"

 

J'ai depuis appris qu'il fallait, une très bonne raison pour se plaindre, sans quoi l'on n'obtenait aucune sincère sympathie.

Ainsi, je fais toujours attention aux plaintes des autres afin de différencier les demoiselles en détresse** de ces légumes humanoïdes qui, tel un moi crépusculaire, ouvrent leurs discussions sur un insignifiant "la pluie, c'est chiant, ça mouille." (Ils avouent même inconsciemment que la plainte n'est pas fondée, car ils sont eux-mêmes en T-shirt et refuse le parapluie qu'on leur offre.)

 

Si j'évoque tout ça, c'est parce que je me suis retrouvé confronté à un tel primeur anthropomorphe.

Celui ci polluait toutes les oreilles à portée de crachat à grand coup d'inepties pleurnichardes, et s'offusqua lorsque je lui fit remarquer, certes avec ma cordialité légendaire, que sa tentative de socialisation était vouée à l'échec car sa plainte était non-fondée. Lui de répondre que celle ci ne l'était pas. Moi de répliquer qu'à force de se fourrer ainsi le doigt dans l'oeil il finirait par se trouer le cuir chevelu.

Il s'efforça pendant le reste de la journée à me faire manger mes mots, cherchant une bagarre qui ne devait pas être, tel un chien s'enrageant lorsqu'on lui fourre le nez dans sa merde.

 

La morale de cette histoire est la suivante:

 

Ne débattez pas avec les abrutis, ils vous abaisseront à leur niveau et vous battrons avec l'expérience. Ne tentez pas non plus de leur enfoncer un parcmètre dans la bouche et de touiller, ce serais vous que l'on réprimanderait - et ça c'est vraiment trop injuste.

 


*: 10 points au premier commentaire qui retrouve la chanson originelle sans utiliser de moteur de recherche.

**: Les damoiseaux en détresse sont plus difficiles à remarquer, car ils crient plus rarement à l'aide. En effet, l'ego du mâle moyen est nettement plus large que son instinct de conservation.

 

 

 

C'est maintenant le moment que vous attendez tous: l'image aléatoire !

 

Par Arkhaschan
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